Galapagos
Galapagos, Isla Cristobal, le 14 juin 2006
[…]
Notre Pot au noir s’est révélé être identique à la longue roule ronde de l’Atlantique, de la terrible et tempétueuse mer des Caraïbe, c’est à dire : du flan, un mythe, une légende, une probabilité qui n’est pas la notre ! Nous avons eu du vent, bien du vent, bien assez de vent, et debout, dans le nez, en face, pile poil en face. Nous avons donc eu l’immense plaisir de faire 10 jours de pré serré, l’allure la plus inconfortable en voilier, 3 fois la peine, 4 fois la rogne, disent les marins. Avec un vent du sud ouest, pour nous rendre au sud ouest, avec un petit courant contre nous, nous avons mis 12 heures et 50 miles(92.6 km) pour réaliser 4 miles (7,4 km) sur la route à effectuer. C’est ‘achement motivant, comme dirait l’autre !
Enfin, bref, secoués comme des cocotiers (eh oui, nous vous laissons les prunes !), penchés comme la tour de Pise, nous avons fini par débarquer aux Galapagos. Nous pensions y faire une étape d’une dizaine de jours, mais comme nous sommes des gens hyper organisés, nous apprenons à l’instant qu’il fallait demander un permis de navigation 30 jours à l’avance sur le continent, et que nous n’avons droit qu’à un seul mouillage, celui de l’île Cristobal, où nous sommes et que nous ne pouvons rester que 5 jours. Bon. Tant pis. On va faire avec.
Ça a l’air magnifique, nous avons été accueilli par des otaries qui nagent autours du voilier. Nous projetons de faire une excursion dans l’île vendredi. Je vous raconterai ça la prochaine fois !
La prochaine fois, ce sera les Marquises, et dans plusieurs semaines. Nous pensons qu’à partir de maintenant, il sera plus difficile de trouver des cyber café, quoique … Dans tous les cas, la traversée devrait nous prendre entre 20 et 30 jours.
[…]
On vous embrasse
A bientôt
L’équipage de Shipibo
Polynésie française
Papeete, mardi 12 septembre 2006
Bonjour tous !
Voici tout de même des nouvelles de Shipibo et de son équipage.
Ca y est, c’est fait ! Nous avons traversé le Pacifique pour rejoindre les îles mythiques et paradisiaques des Marquises et de la Polynésie.
La traversée nous a pris 23 jours. Nous n’avons pas eu trop de vent, la mer était belle, nous n’avons eu que 2 ou 3 grains éparses, comme ils disent à la météo ! Nous avons peu pêché, mais nous avons tout de même eu le plaisir de déguster deux magnifiques daurades, ainsi que des poissons volants et des poulpes tombés sur le pont du bateau durant la nuit. Nous avons profité de cette longue traversée peu fréquentée pour tester notre radar, ce qui fait que nous avons pu dormir la nuit, et ainsi être reposés la journée pour jouer avec les enfants. Du coup, ils ne se sont pas trop chamaillés, et tout s’est bien déroulé. Gymnastique, jeux d’eau, bricolages, cuisine, finalement, nous avons tous été bien occupés ! Nous avons même fait une orgie de desserts, un par jour, du jamais vu ni à la maison, ni sur Shipibo !
Quelle émotion tout de même de voir apparaître Hiva Oa, notre première escale marquisienne ! Quel bonheur de sentir la terre, l’odeur des fleurs et de la forêt, de se promener pour la première fois sur une plage de sable noir, et de découvrir la gentillesse des marquisiens. Nous avons passé un petit mois dans ces îles magiques. Elles sont splendides, généreuses, sauvages et douces.
Parfois, certaines escales sont galvaudées, nous n’y trouvons pas la magie attendue, nous les trouvons plates ou fades.
Mais là… là… Est-ce parce qu’il faut les mériter ? Mais les Marquises sont vraiment royales. Toutes différentes mais toutes belles.
Les fonds ne sont pas tous clairs, mais nous avons pu plonger un peu, nous avons fait de nombreuses balades, nous nous sommes baignés dans les cascades, nous avons cueilli des noix de coco et des citrons sauvages, nous avons nagé avec des raies mantas de plus de 4 mètres d’envergure, nous avons rencontré des gens ouverts et généreux, qui prennent encore le temps de vivre, de parler avec les touristes que nous sommes. Les marquisiens ont été avec nous d’une gentillesse incroyable, nous offrant des fruits à ne plus savoir qu’en faire, nous invitant même à manger chez eux. […]
Arrivés le 14 juillet, nous avons quittés « nos » Marquises le 14 août pour les Tuamotus. Nouvelles îles, nouveau décor. Après 4 jours de mer très agréables et deux tazards (poisson à la chair délicieuse), nous atterrissons à Kauehi, un atoll au nord de l’archipel, bien sur la route de Papeete. Nous y resterons une dizaine de jour, partageant notre temps entre deux mouillage. Nous plantons notre « pioche », nom donné à l’ancre, devant l’unique village de l’atoll. Une seule route de corail blanc, des maisons de planches et de tôles de chaque côté, des cocotiers immenses, le lagon de chaque côté du village, une épicerie qui importe tous ses produits de Tahiti, y compris le pain (nous y achèterons la baguette la plus chère et la plus mauvaise de notre périple !) une école qui scolarise les enfants jusqu’à 12 ans, une mairie délabrée, un groupe électrogène, et c’est tout. Les gens y vivent du commerce de la coprah, la noix de coco séchée qui permet de fabriquer de l’huile, et de la perle noire. A partir de 12 ans, les enfants quittent leur famille pour être scolarisé sur une autre île de l’archipel, puis sur Tahiti. Ils ne rentrent chez eux que deux fois l’an, à Noël et pour les vacances d’été. A part le cocotier et quelques veloutiers, rien ne pousse sur l’île.
C’est un monde à part que nous découvrons là.
Après quelques jours au village, nous poussons jusqu’au fond du lagon. Nous y resterons seuls, en Robinson durant encore une petite semaine. Nous explorons les motus environnant, nous ramassons des coquillages, pour lesquels Zélie se prend d’une véritable passion. C’est très bizarre de marcher sur les motus, qui sont en fait de petits tas de corail mort. Ça donne l’impression de marcher sur des os, ça sonne le creux. Parfois, le corail est tellement tassé que l’on croirait marcher sur une route goudronnée, et parfois, tout est mou et désordonné, comme une sorte de pierrier. Les enfants passent des heures à jouer dans l’eau, parfois observés par de grosses loches (non non, ce ne sont pas les poitrines locales, mais de gros poissons, semblable aux mérous et parfaitement inoffensifs). Nous voyons aussi nos premiers requins de tout tout près, puisqu’ils nagent à nos pieds dans 30 cm d’eau. Il faut avouer qu’ils ne sont pas bien gros, mais tout de même, ce sont des requins. Après 10 jours de robinsonade nous quittons les Tuamotus pour Tahiti. Nous essuierons notre première « tempête ». Les vagues sont grosses, elles cassent juste derrière le bateau, et parfois remplissent le cockpit. Le vent souffle en rafale, la mer écume, c’est bien impressionnant. Evidemment, je suis malade. Je ne suis pas inquiète, le bateau va bien, il est solide et rassurant. Quand on entre dans le carré après son quart, c’est comme entrer dans un chalet après une grosse journée de ski par jour blanc et brouillard : on a l’impression de retrouver un peu de calme et de confort.[…] Nous apprendrons plus tard que nous avons essuyé un vrai coup de vent, avec des pointes mesurées à 50 nœuds et 40 nœuds établis durant plusieurs heures. Ce qui correspond tout de même à un vent de plus de 80 km/h.[…]
Nous voici donc à Tahiti, mouillé devant la « banlieue » de Papeete. Rassurez-vous, rien à voir avec les banlieues parisiennes ! Nous profitons du supermarché pour faire le plein de provisions et pour assouvir nos envies de saucissons et de fromages. Nous avons fait hier le tour de l’île en voiture. Ce qui frappe surtout, c’est la luxuriance de la végétation. Les arbres sont partout, et immenses. Il n’y a pas d’endroit vide, l’espace est complètement saturé de plantes, de fleurs, plantées ou sauvages.
Il n’y a pas ici de plage de rêve, mais notre escale est davantage technique que touristique. Dès la semaine prochaine, nous irons à Huahine, Raiatea et la mythique Bora Bora.[…]
Nous vous embrassons tous très fort, et nous vous disons : à bientôt
Nana (au revoir polynésien)
L’équipage de Shipibo
Tonga
Îles Tonga, Nukualofa, samedi 4 novembre 2006
Malo e lelei !
Bonjour des Tonga, nouvelle escale pour l’équipage de Shipibo.
Nous voici arrivés au pays des baleines. C’est l’emblème national (honneur partagé avec le cochon), présent sur toutes les gravures, publicités, cartes postales et bijoux tongiens (les cochons, eux, se contentent de traverser les rues de la ville en toute impunité, et de venir renifler les jambes des touristes).
L’archipel du sud, où nous nous trouvons est séparé en trois groupes d’îles, celles du nord, avec Vava’u, celles du centre, avec Hapaï et celles du sud, avec Nukualofa, où nous nous trouvons actuellement. Les Tonga sont un royaume, avec un vrai roi, décédé il y a peu, ce qui fait que la plupart des sujets portent un deuil qui durera cent jours. Nous avons donc droit aux mamas en costume traditionnel, très digne et très joli.
Nous avons fait notre entrée à Vava’u, où nous avons passé une petite semaine accroché à une bouée devant la ville principale. Les îles du nord ne sont pas très hautes, mais très escarpées. Il s’agit en fait de falaises tombant dans la mer. Les mouillages sont donc très profonds, et peu agréable pour le capitaine qui doit remonter toute la chaîne à la main ! C’est un nouveau style d’îles, différent de ce que nous avons vu jusqu’à maintenant. Nous avons retrouvé avec joie des prix un peu plus raisonnables qu’en Polynésie (record battu, même la Suisse est moins chère que la Polynésie !), ce qui fait que nous avons bien profité des plaisirs offerts par une petite ville : marché abondant, internet café, lessiverie, et surtout, sorties au bistrot, un luxe oublié depuis les Antilles. Nous avons même passé une soirée « live », où les musiciens locaux chantaient fort et faux dans des micros aux ampli vraiment pourraves des tubes en anglais des années 80.
Nous nous sommes rendus ensuite dans les Hapaï. Durant la navigation, nous avons vu une des nombreuses baleines promises par les agences de voyage, elle était vraiment tout près, et nous avons eu le temps de bien la regarder avant qu’elle ne plonge. [Nous avons trouvé aux Hapaï la plus belle plage de notre voyage].
Une nuit de navigation nous a emmenée ici, à Nukualofa. Nous sommes mouillés devant le Yacht club local, une baraque sur pilotis devant la plage. Nous irons le tester ce soir !
La ville est à 1.5 mile du mouillage, et nous nous y rendons en bateau taxi. Nous avons visité le marché ce matin, et il est vraiment magnifique, plein de fruits et légumes que nous ne connaissons pas chez nous : arbre à pain, toute sorte de bananes, à cuire ou non, manioc, igname, patates douce, fafa (les feuilles de manioc, que l’on cuit comme les épinards), et plus surprenant, de petits troncs (de palmier ?) qui ressemblent une peu à des poireaux géants (mais vraiment géant, environ 1 mètre de long…) dont je n’ai toujours pas découvert le nom et l’utilisation. A côté de ces produits, des pyramides de tomates, de poivrons, de piments, des tas de concombres, d’oignons et d’ail, des sacs de pomme de terre, des mangues, des ananas, des cocos, des salades, des haricots, toutes sortes de sauces, des pâtisseries, des plats cuisinés, des tas de culottes, des chaussures usagées ou neuves, des chemises, des casseroles, de l’artisanat, des poupées en plastique… bref, un joyeux foutoir bourdonnant de monde et d’enfants. J’y passerais des heures.
Les gens ici sont plus typés qu’en Polynésie, on sent l’Asie et surtout la Mélanésie toute proche. Ils ont perdu aussi la nonchalance parfois exaspérante des tahitiens, et je les trouves plus vifs et plus fiers. Les femmes sont belles, elles ont toutes de longs cheveux noirs et sont dans l’ensemble moins grosses qu’à Tahiti (eh oui, désolée de casser un mythe, mais la tahitienne de vos rêves messieurs n’existe que sur les catalogues… plus de 80% de la population est obèse, y compris (pour ne pas dire surtout) les femmes, ce qui pose d’ailleurs un véritable problème de santé publique aux polynésiens). Elles portent souvent des habits noirs, avec parfois, noué autours de la taille une sorte de natte en paille, qui est signe de respect et de deuil. Les hommes sont très forts, avec des pieds et des mains énormes. Ils portent aussi la jupe, une jupe noire et très droite, qui leur donne une certaine classe. Il y a beaucoup d’enfants, partout, qui courent dans les rues, les jardins, les plages, en totale liberté dès 5 ou 6 ans. Comme partout depuis que nous avons quitté les Antilles, nos enfants blonds attirent les sourires et la sympathie. Il n’est par rare qu’ils se fassent caresser la tête ou offrir une sucrerie ou un fruit.
D’ici, nous partirons pour la Nouvelle Zélande dès qu’une bonne fenêtre météo se présentera.[…]
Pour l’instant, la météo n’est pas très bonne, il y a beaucoup de vent, même au mouillage. Donc : on attend. Et on ne sait pas combien de temps on devra attendre, mais nous espérons pouvoir partir la semaine prochaine. En tous cas, nous sommes prêt pour cette traversée qui devrait nous prendre entre 8 et 10 jours.
Nous vous embrassons tous bien fort.
Alofa
A bientôt
L’équipage de Shipibo
Nouvelle Zélande
Nouvelle Zélande, Nelson, samedi 23 décembre 2006
Bonjour vous tous,
C’est de chez les kiwis que nous vous envoyons ce message. A bord du bateau jaune, tout va pour le mieux, nous avons trouvé sans problèmes le pays du « Seigneur des anneaux », après une navigation sereine de 8 jours.
Partis le 12 novembre dans l’après-midi des Tonga, nous sommes arrivés au petit matin le 21 à Opua, tout au fond de la Baie des îles.
C’est peu dire que cette approche m’a émue. Comme d’habitude, c’est le lever du soleil qui permet de découvrir le paysage environnant. Depuis quelques heures, nous devinions la terre, et puis plus précisément les colline et les plages qui sortent du gris de l’aube et de la brume. Et quand enfin les premiers rayons du soleil éclairent les alentours, on a vraiment l’impression d’arriver quelque part, qu’un monde nouveau renaît exprès pour nous. C’est un moment magique que de retrouver la terre, ses couleurs et ses odeurs, même après seulement 8 jours de mer, et même si ce n’est plus la première fois.
Et puis, le paysage de la Baie des îles est particulièrement émouvant pour nous, petits suisses, parce qu’il ressemble à s’y méprendre à un paysage oberlandais, dont les pâturages se jetteraient dans la mer. Il y a même des sapins, il ne manque que le son des cloches de vaches. Et puis, il y a cet air frais, ça, on avait complètement oublié ce que ça fait de se lever le matin dans un air un peu piquant.
C’est d’ailleurs un des événements majeur de la traversée : nous avons ressorti les pulls, les jaquettes, les polaire, les sacs de couchage au fur et à mesure que nous nous éloignions des Tonga !
L’accueil des néo-zélandais a été à la hauteur de leur réputation : cordial et simple pour les douaniers et le contrôle sanitaire (on ne plaisante pas avec les petites graines, chez les kiwis !), chaleureux et souriant pour ce qui est des autochtones.
Contrairement aux îles tropicales, les gens ici connaissent leur pays, ils peuvent nous dire par exemple quelle promenade faire avec les enfants, ou comment arriver à la ville voisine, et ils aiment en parler et le faire découvrir. Ils s’intéressent aussi aux touristes, et nous posent volontiers de nombreuses questions sur notre périple. Il y a un échange, quoi…
Après 15 jours dans la Baie des îles, ça y était, le capitaine avait déjà des fourmis dans les jambes, et il nous a ressorti son traditionnel : Bon. Ça y est là, on a vu !
Départ donc pour Whangaroa, un fjord secret et magique un peu plus au nord.[…] Nous sommes seul au mouillage, avec pour voisins quelques pingouins.[Nous repartons pour nous rendre dans l’île Sud par le Cap Ringa].
Nous nous arrêtons à New Plymouth, au sud de l’île du nord, pour laisser passer un avis de tempête annoncé par VHF. Nous découvrirons une ville de dessin animé, dont les bâtiments arrondis et colorés semblent tout droit sortis de « Roger Rabbit ». Le tout surplombé d’un magnifique volcan pointu turlututu.[…] Après 3 jours d’attente, nous repartons pour notre dernière ligne droite avant l’île du sud, une petite traversée de 24 heures… dans les 40e de Stéph. […]
Nous voici donc à Nelson, si bien amarré au quai d’une marina confortable (la première en un an)[…]
Il faut tout de même avouer que c’est un peu spécial de fêter Noël quand la saison des fraises et des cerises bat son plein, et avec des jours qui s’allongent. Les kiwis n’ont pas l’air aussi stressé que nous par le changement d’année et rien n’indique vraiment que Noël est là. Les magasins ouvrent normalement, et le seul indice des réjouissances imminentes est le passage en boucle de sirupeux chants de Noël dans les magasins. Sur Shipibo, nous aurons tout de même sorti les bougies et entonné quelques chants de circonstances…
[…]
Il ne nous reste plus qu’à vous envoyer les vœux d’usage :
Joyeux Noël et Bonne Année !
Nous vous embrassons tous bien fort.
A tout bientôt
L’équipage de Shipibo
Nouvelle Zélande, Baie des îles, Opua, le jeudi 10 mai 2007
Bonjour à tous…
[Nous sommes de retour à Opua et c’est bientôt la fin de notre séjour. Ci-dessous, une tentative de résumé des ces mois passés en Nouvelle Zélande, qui ont été plus que riches.]
[…].
Eh oui, souvenez-vous, c’est ici que nous avons touché la Nouvelle Zélande, il y a de cela plus de 5 mois.
Nous avons réalisé une bonne partie de nos projets, si ce n’est la remontée de l’île Nord à l’île Sud que nous avons finalement effectué par la côte ouest itou… enfin, c’est du détail…
A Nelson, où nous attendions les parents de Stéph, nous avons rencontré un couple franco-néo zélandais, Linda et Gérard, avec qui nous avons immédiatement sympathisé. Grâce à eux, nous avons obtenu une bouée gratuite dans le Malborough, à Elaine Bay, toute petite bourgade de pas beaucoup de maison, sans resto, sans épicerie, à bien 2 heures de routes de Nelson. Mais alors… joli comme tout.
Après une petite semaine de navigation avec les parents de Stéph (qui nous a valu notre pêche la plus épique : des dizaines de barracuda se jetaient littéralement sur mes lignes, se suicidant sur mes leurres à qui mieux mieux !), nous avons donc rejoint la bouée promise, et nous avons laissé là Shipibo, sous la surveillance bienveillante de nos amis pour une grande tournée en mini bus.
A 6, armés d’une tente deux place, d’un réchaud à gaz et de beaucoup de bonne volonté, nous avons exploré les points touristiques de l’île du sud : Keikoura et ses baleines (absentes au rendez-vous), Christchurch (sous la pluie), le mont Cook (dans le brouillard), les fjord (chouette, il y a du soleil… ah non, tiens, finalement, il pleut), le glacier-qui-se-jette-quasi-dans-la-mer, des cols, des plaines, des forêts, des steppes, des pingouins, des moutons, la Bretagne, les Alpes du sud, la jungle équatoriale ou presque… bref, une diversité incroyable en bien peu de km, finalement. Et puis, passage sur l’île Nord, avec sa magnifique région volcanique, et puis une visite éclair d’Auckland, et puis l’aéroport, et puis voilà déjà les 4 semaines de vacances des grands parents liquidées, au revoir, au revoir.
Ouf. On va pouvoir reprendre un rythme « Shipibo ». C’est à dire calme.
Pas d’impératif de temps et de lieu. On y va comme on le sent… lààààà.
Nous montons un peu au Nord d’Auckland… devant nous, le nord de l’île du Nord… surtout des plages en fait… une journée au bord de l’eau suffit à nous convaincre qu’il est un peu idiot de faire de la plage en bus, alors que nous avons un bateau pour le faire… demi tour, donc, direction Auckland, que nous visitons un peu plus lentement (mais je ne sais pas si vous avez la moindre idée de la passion de Stéph pour les villes… au bout du 53ème « «pfff » et du 62ème « bon,bon, bon… » nous avons finalement décidé de nous en aller… on y a passé tout de même une demi-journée…)
Direction Coromandel et ses paysages somptueux. De bord de mer, certes, mais somptueux ! Ensuite, nous sommes retourné dans la région volcanique, ou Stéph a fait LA traversée de volcans dont il rêvait.
Puis, nous sommes allés nous perdre sur la forgotten higway, qui porte si bien son nom, pour retourner nous délecter du Mt Taranaki et profiter une dernière fois de New Plymouth.
Ensuite, eh bien nous avons passé deux jours (oui, DEUX !) à Wellington, où il y a quand même pas mal de choses à faire, et retour sur l’île sud où nous avons retrouvé notre Shipibo, toujours bien sagement accroché à sa bouée.
Nous avons passé quelques jours à buller : pêche, lecture, cuisine, visite d’une ferme de moule chez nos amis Lynn et Chris. Toute la famille vit dans une maison splendide, accrochée dans la végétation au bord de mer. L’hiver, ils vendent des skis dans une station juste au-dessus de Christchurch […]
Et puis, nous nous sommes décidé un peu sur un coup de tête à retourner visiter cette île du sud qu’on avait bien vu, mais quand même un peu trop vite… et nous voilà repartis pour deux semaines supplémentaires. Là, nous sortiront totalement des sentiers battus, et notre mini-bus se transformera parfois en Land Rover, traversant des rivières à gué et empruntant des routes, que dis-je, des chemins à peines tracés sur les cartes ! Si, si ! de vrais aventuriers, ces shipibo-là ! Merci encore, Linda et Gérard, sans vous, nous n’aurions pas pu découvrir la NZ comme nous l’avons fait.
Puis nous retournons à Nelson, début mars. Je m’offre deux semaines de vie estudiantine, à l’école de langue de Nelson. Now, I speak english like a native ! Boaf... deux semaines, c’est un peu court, mais au moins, je me serai bien amusée !
Nous revendons notre bus sans problèmes à deux françaises en voyage. Cap sur l’île du Nord, 5 jours de mer sans problème. Même pas malade !
Nous retrouvons nos amis […]. Direction Great Barrier Island et sa fameuse smokehouse bay. Nous allons vivre quelques jours en Robinson :pêche (fructueuse pour une fois), lessive dans les grands éviers de pierre prévu pour, avec essoreuse incorporées (en fait, un truc genre comme pour faire des lasagnes ou des taglatielles, mais en plus grand), grillades, ballades, et, nec le plus ultra, douches chaudes dans une cabane ouverte sur la baie. On chauffe son eau en allumant un petit poêle quelques heures avant… juste le temps de boire l’apéro avant de se laver les fesses… le bonheur.
Et voilà. Vous voyez bien que ça passe vite, 5 mois, parce que là, c’est déjà fini. De smokehouse bay, nous sommes revenus ici, à Opua, où nous avons fait réparer l’enrouleur, et d’où nous avons demandé des visas pour la PNG (kesako ? la Papouasie Nouvelle Guinée, bien sûr !). Maintenant tout est prêt.
Les cales de Shipibo sont pleines, prêtes à affronter les tarifs exorbitants (paraît-il) de la NC (… la Nouvelle Calédonie, m’enfin…). Nous attendons une fenêtre météo un peu sympa, il semblerait que ce soit pour samedi. Il serait temps, le capitaine à les jambes qui le démangent, faut y aller !
Je dois bien avouer que moi aussi, je me réjouis de quitter les lieux : il recommence à faire froid, et puis, Opua, j’ai vu. Les prochaines nouvelles vous parviendront donc de territoire français.[…]
A bientôt
L’équipage de Shipibo
Nous ne sommes pas très différents de vous : une famille de quatre, Stéphane le papa (36 ans), Sophie la maman (34 ans), Nino, le fils ainé (6 ans) et Zélie la cadette (3 ans). Nous n'avons
jamais mangé de la vache enragée, nous n'avons pas économisé la moindre pièce durant des années, nous n'avons pas de métiers rapportant particulièrement d'argent (décorateur d'intérieur et
bibliothécaire), pas d'héritage autre que celui du goût du rêve.
Et pourtant, nous sommes partis pour un peu moins de trois ans sur notre voilier pour ce qu'on appelle une circumnavigation, un tour du monde à la voile.
J'écris ce premier article de Malaisie, où nous allons passer deux mois, parce qu'il est déjà temps pour nous de penser au retour, et que j'imagine, peut-être à tort, qu'un blog est un bon moyen
de présenter notre voilier et que ceci nous aidera à le vendre dès notre arrivée en France. Et aussi parce que nous avons envie de partager avec vous quelques beaux moments.
Ce blog se compose de deux parties distinctes :
Vous êtes interessés par l'achat de Shipibo ? Vous préparez un voyage en voilier et vous avez une question ? Vous désirez en savoir plus ? Contactez-nous nous vous répondrons dans la mesure de nos possibilités.