Partager l'article ! 16. La Mer Rouge ou Plongée en culture inconnue: Erythrée C’est ici que nous faisons nos premiers pas sur le conti ...
Erythrée
C’est ici que nous faisons nos premiers pas sur le continent africain.
Après avoir passé les doigts dans le nez, par bon vent de dos, Bab el Mandeb, les portes de l’entrée de la Mer Rouge, nous avons mouillé à Port Smith 015°32.27 N 039°59.45 E, peu éloigné du port d’entrée de Massawa.
Le mouillage est agréable, bien protégé. Il vaut mieux y entrer avec une bonne visibilité, car une « patate » encombre l’entrée, et le cairn qui sert d’amer est invisible du large. Il n’y a plus de balisages. La plongée sur le récif est très jolie, et riche en poissons. Et puis, quel plaisir de se retrouver dans un mouillage solitaire après tous ces mois passés dans des régions surpeuplées !
Avant d’entrer dans le port de Massawa, il faut appeler les autorités portuaires sur le canal 16. Généralement, ils envoient les voiliers directement au mouillage qui se situe à l’arrière du port. Il faut revenir ensuite faire son entrée en annexe. Mais quand on voit la couleur de l’eau et les vagues qui peuvent éclater le long du quai, qui est très poussiéreux, on se dit qu’on est bien mieux au mouillage ! Les formalités se passent sans problèmes. Si vous ne désirez pas quitter l’agglomération de Massawa, on vous donnera un passe, à montrer en plus de son passeport aux gardes des portes du port.
La « ville » de Massawa est en fait composée d’un centre « historique », avec de nombreux cafés, des épiceries, de beaux bâtiments et des ruelles de sable. Après avoir passé un premier pont, on arrive dans les « beaux » quartiers, ceux des hôtels et de l’administration. Un pont plus loin, et c’est le souk et les bidonvilles. Des taxis collectifs à 1 nafka relient tous ces endroits.
Au bar Yasmin, Mike vous aidera à vous diriger dans la ville et ses environs. Il peut aussi vous organiser de l’eau, un taxi pour Asmara, la capitale, ou encore un garde si vous désirez laisser votre bateau quelques jours. Il vend de très bons petits pains complets. Sous les arcades en sortant de port, vous trouverez un dépôt d’eau. On peut l’acheter en apportant ses propres bidons. Ensuite, un café internet, très lent, mais tout de même plus rapide qu’à Asmara, puis une librairie papeterie qui fait des photocopies, et enfin le Yasmin Bar. Trouver une bière à Massawa se révèle un challenge intéressant… je vous laisse découvrir ! Mike fait un peu de change au noir, sinon la banque est ouverte tous les jours avec des horaires variables. Il faut déclarer à la douane le montant que l’on désire changer. Prévoir assez large, il n’est pas possible de modifier ce montant. Par contre, c’est toujours possible de ne pas tout changer ! Pas de distributeur d’argent. Nous n’en n’avons pas vu à Asmara non plus.
Le fuel est contingenté, il faut demander une autorisation. Se renseigner à l’immigration en arrivant. Le litre coûte pas loin de 1 $, la benzine s’obtient librement, mais à plus de 2 $ le litre !
Les épiceries de la ville sont petites, et on y trouve le minimum. Je n’ai pas trouvé de beaux produits frais.
Pour aller visiter Asmara, la capitale, située à une centaine de km dans les terres et à plus de 2000 m. d’altitude, il faut faire un visa, puis obtenir une autorisation pour se déplacer. Le tout nous a pris une bonne journée, dont de nombreuses heures d’attentes ! Le visa est délivré personnellement, il faut donc que chacun soit présent, y compris les enfants. On peut envoyer une bonne âme pour faire le permis de voyage. Des bus montent régulièrement à la capitale depuis Massawa. S’ils sont bondés et lents, ils sont en revanche bon marché. Compter 3 heures de routes. Nous nous sommes mis à plusieurs bateaux pour louer un mini-bus 2400 nafka tout compris. La chambre d’hôtel nous a coûté 300 nafka. La ville est intéressante, mais pas exceptionnelle. Selon moi, une nuit suffit largement à se faire une idée du lieu. Le voyage est joli. Ne pas louper le marché de recyclage, au nord de la ville. Nous avons profité de cette visite pour faire notre marché. On trouve de tout, ou presque. Ici est fabriqué le Zibib, une anisette locale bien agréable. Si on tombe bien, on peut trouver du vin d’exportation. Si votre estomac est bien accroché, vous pouvez tester la production locale !
Un petit mot encore concernant la sécurité… Durant le première nuit, nous nous sommes réveillé avec quelqu’un à bord. L’homme cherchait notre argent, et il a fini par tourner les talons sans autres dommages qu’une grosse peur. Des oranges que nous avions laissées dans un filet sur le pont ont aussi disparu durant notre séjour. C’était la seule chose que nous n’avions pas rangé à l’intérieur. Sans vouloir jouer aux alarmistes, nous vous conseillons donc de ne rien laisser sur le pont, même la journée, de fermer le bateau, et de payer quelqu’un pour le surveiller si vous vous absentez quelques jours. Un garde se négocie dans les 10$ pour une nuit. Après notre mésaventure, nous avons dormi avec la porte fermée, mais nous étions bien les seuls du mouillage à le faire.
C’était la 3e fois cette saison qu’une personne montait à bord d’un voilier. Les autorités semblent prendre les choses au sérieux, mais je ne vois pas bien ce qu’elles pourraient faire…
Sans être inoubliable, Massawa est tout de même une escale intéressante et bienvenue, et nous avons apprécié le dépaysement qu’elle procure. La population est sympathique, sans plus, nous sommes loin des chaleureux accueils du Pacifique. Je pense que sans ce mauvais moment, nous en garderions un souvenir agréable. Nous avons un peu de peine à être enthousiastes, mais ce serait dommage d’éviter cet endroit à cause d’une mauvaise impression.
Pour faire les formalités de sortie, il faut se mettre à quai, ou alors mouiller pas trop loin, car l’officier de service monte à bord afin de vérifier que vous n’emportez pas avec vous une de ces très belle femme erythréenne !
A une trentaine de miles de Massawa se trouve le mouillage Sheik el Abu 16°02.24 N 39°27.10 E. L’eau n’est pas très claire, mais elle permet un bain bien mérité après la poussière de la ville. Il y a une patate non signalée au milieu de l’entrée, il vaut donc mieux regarder où l’on va. Mais l’entrée est large. A la tombée du jour, nous avons trouvé de magnifiques coquillages, dans l’eau à mi-mollets, et des tellines par poignées !
Si c’était à refaire
On achèterait plus d’alcool (rhum, gin, zibib) à Massawa.
On fermerait notre porte dès le premier soir !
Je m’offrirais un de ces jolis paniers dans la boutique juste à gauche en sortant du port.
On retournerait à Asmara, mais peut-être sans y passer la nuit.
Nous avons fait notre entrée officielle à Suakin (Sawakin), mais auparavant, nous avons profité des mouillages suivants :
Khor Nawaratt (18°14.87 N 038°18.32 E) : la baie offre de nombreux mouillages. Nous avons choisit celui qui se trouve le plus au nord, juste à l’entrée, Hai Duglah islet. Pêche miraculeuse au fusil entre les deux îlots. De nombreux squelettes de tortues sur la plage, des tas de coquillages… fonds peu intéressants.
Long Island (18°46.42 N 038°39.39 E) : réputée pour sa lagune aux oiseaux… il semblerai qu’on puisse y observer des flamands et le très impressionnant marabout. Nous n’y avons trouvé que des mouettes querelleuses et des aigles de mer.
Shubuk Channel : il relie Long Island à Suakin. Il peut paraître impressionnant, mais est très bien balisé. A notre passage, toutes les balises étaient en place. Nous avons mouillé derrière un reef (18°47 71 N 37°28.88 E), juste à la sortie du canal. Il paraît que les plongées sont ici merveilleuses… l’eau nous a semblé un peu trouble, et le vent bien trop froid !
Sawakin (19°06.7N 37°20.13 E) : En arrivant à Sawakin, le « port control » s’appelle sur le canal 14. Il y a une passe à l’entrée, aux couleurs splendides. Le mouillage se fait après le quai des cargo. Il faut passer entre les ruines du vieux Sawakin, et un banc de sable. Le passage est étroit, il faut serrer contre les ruines, mais ça passe avec 2.20 de tirant d’eau… peut-être plus.
Mohamed saura vous trouver, il vient pour faire les formalités, et tout le reste. Il semblerait qu’il soit impossible de ne pas travailler avec lui ! Il demande 30$ pour lui, et ensuite 30$ par short pass (enfants gratuits), il change les $, vous propose de faire le plein d’eau, de fuel, la lessive…mes deux sacs de lessive m’ont coûté 15$, et nous en avons eu pour 45$ pour faire 70l de fuel et l’eau (environ 70l aussi ?). Il faut absolument goûter l’eau avant de l’accepter. La notre avait un très fort goût de lessive, à tel point que nous n’avons pas pu la boire.
Sawakin est un arrêt vraiment particulier, que nous n’avons pas regretté . Il y a des épiceries pour les produits de base, un joli marché où il faut (un peu) discuter les prix, mais où on trouve de quoi faire. Le « quartier » du souk est très intéressant à visiter. Les gens sont souriants et aimables. Peu de mendicité. Peu d’arnaque. C’est une ville qu’il faut vraiment voir pour y croire.
La station de bus est au bout de la « rue » principale. Départ régulier pour Port Soudan, 8 nafka aller, où se trouve le seul cyber-café convenable de toute la région, à l’hôtel « Palace » près du port. Rien de particulier à Port Soudan, à part paraît-il un marché incroyable, que nous n’avons pas trouvé (il faut dire qu’il faisait chaud, et que tout le monde en avait plus que marre). Le Soudan est le seul pays où nous n’avons pas mangé à l’extérieur, tant l’hygiène nous a paru douteuse. Il doit aussi certainement y avoir un supermarché digne de ce nom, mais nous ne l’avons pas cherché.
Pour nous, le Soudan est synonyme de plongées merveilleuses. Il y a de quoi faire partout, mais voici nos mouillages.
Juste à la sortie de Sawakin, nous avons mouillé à Shab Damath (19°14.07 N 37°20.24 E), que nous déconseillons, car il est très profond, sur fond de corail, et rouleur. Nous n’avons pas trouvé la zone peu profonde annoncée par la carte et le guide. Ça doit par contre être magnifique par temps calme, pour la plongée. Nous avons auparavant essayé de nous enfilé dans le Marsa Damath, mais nous y avons renoncé : trop profond, plein de patates de corail, trop étroit à notre goût… on se sentait pris au piège !
Nous avons ensuite fait un mouillage de jour au Marsa Ata (19°17.02 N 37°19.90 E), bien protégé. La passe est étroite, il faut la surveiller, mais elle est balisée. L’eau n’est pas claire.
Nous voici après une nuit de louvoyage à mon mouillage préféré de toute la Mer Rouge : Shanganeb reef (19°43.73 N 37°26.57 E). Comme son nom l’indique, il s’agit d’un reef. On est donc mouillé au milieu de rien, fond de sable, entouré d’une barrière de corail somptueuse, avec comme seul possibilité de poser le pied à terre un phare aux lignes pures (les gardiens acceptent les visites). Il faudrait que je sois poète pour pouvoir vous décrire la beauté des fonds ici. Il faut absolument plonger du côté « au large » de la barrière. C’est aussi beau à l’intérieur, très poissonneux, mieux protégé des vagues, mais l’extérieur est incomparable. Quelques indications techniques quant au mouillage, qu’il faut un tant soit peu mériter :
L’entrée se fait comme indiqué sur la carte et le guide au nord ouest du phare. La première bouée est toujours en place (037°26.4467 N 19°44.1055 E). A l’est de cette bouée, il y a un premier récif, puis un deuxième, balisé, et enfin le reef avec un alignement. Le balisage du premier récif est quasiment inexistant. Il consiste en un piquet qui dépasse à peine de l’eau. Mais une fois qu’on le sait, on le voit facilement. Le balisage du deuxième récif est présent, ainsi que l’alignement. Il faut donc prendre entre le piquet cassé, et la balise du deuxième récif. Une fois passé cette passe, on se retrouve dans une première zone de mouillage, qui peut être très agitée par vent du nord. Les bateaux de plongée du coin mouille à l’abris du premier récif, par plus de 13 m. de fond.
Il y a une deuxième zone de mouillage, derrière une deuxième barrière de corail. La passe est bien visible, marquée par deux tas de cailloux de chaque côté. Contrairement à ce qui est noté sur les cartes et le guide, il y a au moins 2.20 m d’eau (c’est le tirant d’eau d’un bateau ami), et certain prétendent 2.60 m.(ça nous semble bien optimiste…) MAIS, il faut serrer la passe, qui est vraiment très étroite, bien à l’ouest et à sa sortie, continuer un peu sur l’ouest. Il faut presque frôler le récif de ce côté là. C’est à pique, mais c’est très impressionnant. Nous avons pris cette passe assez vite, poussé par une forte houle… bonjour la montée d’adrénaline ! Nos amis avec leurs 2.20 m de tirant d’eau ont pris un peu trop sur babord, et ils se sont arrêtés sur une patate, heureusement sans dommages. Après, le mouillage est parfaitement calme, même par fort vent du nord, sur fond de sable. On voit très clairement les quelques patates qu’il y a à l’intérieur. La pêche y est miraculeuse, surtout le long de cette deuxième barrière.
Autre reef, autres plongées, Shab Rumi (19°56.50 N 34°24.16 E). La passe est balisée par des piquets surmontés par des bidons. L’eau est claire, on ne peut pas la louper. A l’intérieur, possibilité de prendre une bouée installée par les bateaux de plongée… jusqu’à leur arrivée ! C’est pourquoi il est conseillé de venir ici un vendredi-samedi-dimanche, jours de relâche pour ceux-ci. Sinon, c’est vraiment très profond.
On trouve ici les vestiges de maisons sous-marines construites par l’équipe de Cousteau. Au sud du reef, il y a une plongée réputée pour ses requins, notamment des requins-marteaux. Nous ne les avons pas vu, mais nous avons vu des barracudas impressionnants et des requins de récifs. Le reef est splendide. Aucune possibilité d’aller à terre. Bonne pêche.
Khorshinab (21°21.66 N 37°03.66 E) : Ce Khor, est réputé car il entre profondément dans les terres. Le décor est lunaire. Possibilité de grimper sur une colline au fond du bras. Plusieurs mouillages sont proposés par le guide. L’eau n’est pas très claire, il y avait beaucoup de méduses, nous n’avons pas pêché.
Nous sommes heureux d’avoir passé du temps dans les reefs, et d’avoir privilégié les plongées ici.
Je ne prendrais pas d’eau à Sawakin sans la goûter.
Nous n’irions pas à Port Soudan.
Un coup de vent nous a obligé de nous arrêté à Ras Bannas (23°53.62 N 35°46.86 E). Bonne tenue, sur corail. Très poissonneux. Nous ne sommes pas descendu à terre : trop de vent, et de plus, camp militaire.
Pas très loin au nord se trouve Dolphin coves, marqué dans le guide et les cartes comme étant Fury rocks. Tous nos amis qui s’y sont arrêtés l’ont trouvé splendide. On y nage avec les dauphins !
Nous faisons notre entrée à Port Galib (25°32.00 N 34°38.70 E). Il faut appeler les autorités sur le canal 16. Ensuite, ils nous font amarré au quai de la douane, juste à l’entrée, sur tribord (avant le quai pour le fuel). Les employés sont charmants, ça va vite, ça coûte 40$ + le permis de navigation qui est de 30$ pour un mois. Si vous souhaitez passer deux mois, il faut le dire à l’arrivée, car il n’est pas possible de prolonger ce permis. Si vous n’avez pas vos visas, il faut attendre que le préposé aux douanes de l’aéroport vienne au port. Ça peut prendre la demi-journée, pas plus. La marina est un peu spéciale, il y est difficile de faire de l’eau. Le fuel est cher : il faut déjà payer une taxe de 20$ pour se servir de la pompe, et ensuite pas loin de 1.20$ le litre. Près des quais, il y a un hôtel, avec lequel il y a un arrangement pour que les plaisanciers puissent utiliser les douches et les piscines. Accès à internet à un prix déraisonnable. Préférez donc vous déplacer jusqu’au bureau d’accueil de la marina. Ce n’est pas donné, mais un peu plus décent. Le restaurant de l’hôtel sert des buffets somptueux. Le soir, préciser que vous êtes à la marina, vous devriez bénéficier d’un escompte. Il est possible de commander son avitaillement à l’hôtel. Comme on m’avait dit que l’épicerie en ville attendait une arrivée de frais, et que nous partions le lendemain, j’y ai acheté les légumes les plus chers de tout le voyage. Mauvaise idée, donc. Mais il paraît que ça peut être le bon plan pour acheter des alcools, qui sont par ailleurs introuvables en magasin partout où nous sommes allés, sauf au Caire.
De Port Galib nous filons sur Hurghada, station balnéaire principalement occupée par… des russes. Nous choisissons de nous arrêter à la « New marina Hurghada » (27°13.5 N 33°50.6 E). On s’amarre perpendiculaire au quai, sur des épontilles. Si la capitainerie ne répond pas sur le 16, essayez le 72. Eau potable (paraît-il), électricité au quai. Wifi gratuit. Supermarché Métro, avec de bons produits un peu au nord de la marina. Le taxi coûte 5 pounds pour y aller (et non pas 20, comme on nous l’a demandé la première fois). 50 cents en taxi collectif. En ville, y a des bars, des magasins de souvenir, des agences de voyages, de bonnes boulangeries et assez proche de la marina, des vendeurs de fruits et légumes. Attention, ici, vous êtes LA poire. TOUT doit être négocié (en dehors de la marina). Vous pouvez facilement diviser les prix demandés par deux, et encore, vous allez vous faire rouler. Le marché est un peu loin. Si on s’éloigne un tout petit peu de la rue principale, on peut trouver des restos à un prix très raisonnable (30 pounds le poulet-salade-riz pour 2). C’est bien d’aller au supermarché, avec les prix affichés, pour se faire une idée de ce que vaut vraiment un kilo de tomates. A part quelques exceptions, (genre haricots et choux-fleurs) aucun légume ou fruit ne doit dépasser les 4 pounds le kilo. Et encore, c’est cher payé, par rapport au prix fait à Ismailia, qui n’est pas touristique. La marina peut s’occuper de vos lessives, mais il y a des laveries à l’extérieur qui sont moins chères. Possibilité de faire du fuel (très sale) en bidon.
Après Hurgadha, le but était de rejoindre Suez en un minimum de temps. La météo en a décidé autrement. Tout ce que nous avons vu du golfe de Suez nous a déplu : l’eau vire au vert, les fonds sont peu intéressants, il y a beaucoup de plateformes pétrolières et de cargos, les mouillages sont sans charmes… peut-être serez-vous plus chanceux, ou alors moins las et que vous trouverez encore de quoi vous enthousiasmer durant cette dernière ligne droite. Il semblerait que la côte est soit plus facile à pratiquer : moins de vent, possibilité de se protéger de la houle, mouillages plus rapprochés. Nous avons suivi la côte ouest jusqu’à la hauteur de Ras Ruahmi, parce que nous désirions avoir les cargos venant de face dans ce rail serré. Ensuite, nous avons traversé le golfe pour nous rendre à Ras Abu Zemina, avec ses superbes constructions militaires et ses tanks qui nous faisaient une poussière d’enfer. Il se trouve qu’ensuite, coup de pot, un calme plat prolongé nous a permis d’atteindre Suez le jour suivant. Nous n’avons pas traversé le rail de nuit, car nous suspections des plate-formes pétrolières non éclairées.
Suez : Pour les arrivées de nuit, il y a un mouillage à l’extérieur du canal qui permet de se mettre en attente. Il est fortement déconseillé d’entrer dans le yacht club de nuit, non seulement on doit emprunter en catimini une partie du canal, mais en plus il y a plein de bouées peu visibles. Il faudrait appeler le Suez canal authority sur le canal 16, mais ils ne nous ont jamais répondu. Par contre, nous avons facilement atteint quelqu’un de l’agence Felix Maritime sur le canal 22. Ce sont eux qui contactent les autorités portuaires pour vous, et qui viennent vous attendre aux Yacht club à l’heure annoncée. Nous sommes contents de cet agent, il est correct, cordial et serviable, il m’a par exemple conduit à son agence pour que je puisse utiliser internet. Nous avons payé 334 $ pour passer le canal. 40$ pour l’agent, 72 pour la port clearance, et 222 pour le canal. Ne me demandez pas sur quoi cette taxe est basée, je n’en sais rien. Je ne sais même pas si les autorités le savent elles-même. Il faut compter une demi-journée pour faire les papiers. Donc, en arrivant aux alentour de midi, on peut espérer passer le canal le lendemain. Il est obligatoire d’attendre son droit de passage au yacht club, où on vous amènera votre pilote. Il y a possibilité de faire du gasoil pour 75 cents américains le litre, de faire de l’eau, de donner à charger ses bouteilles de gaz… un bon conseil : ne faites rien de tout ça, et si vous le pouvez, attendez d’être à Ismailia, sur le canal. L’arrêt d’une nuit est obligatoire, alors, passez-y une nuit de plus et profitez-en pour vous préparer à votre première traversée méditerranéenne ! Méfiez-vous aussi des bons amis que vous pourrez trouver dans la rue… nous nous sommes fait avoir, et très proprement, pour la première fois depuis le début de notre voyage. N’acceptez rien de « gratuit », ça peut très bien ne pas l’être. Il y a possibilité de prendre des douches chaudes au yacht club. La machine à laver le linge était en pièce détachée.
Le matin de votre départ, on viendra vous prévenir de votre horaire avec… bien 30 min. d’avance, soyez donc prêts à décoller rapidement. Les pilotes mangent à bord… ou pas. En tous cas pas à vos horaires, les nôtre n’ont pas voulu goûter à ma cuisine, mais ont réclamé un sandwich au fromage vers 15h… bon… La pratique est de leur donner un bakshish. Ne croyez pas au mythe de la cartouche de cigarettes, nous avons fini par la fumer nous-même ! Non, non, ce qu’ils veulent c’est du cash, des dollars si possible. Nous leur avons donné 100 pounds égyptiens, l’équivalent de 20 $. Ils n’étaient pas contents. Mais il paraît qu’ils ne le sont jamais. Et nous avons appris plus tard que c’était le tarif conseillé. Sinon, les deux pilotes que nous avons eu parlaient un peu l’anglais, et étaient sympathiques. Les formalités et le passage de Suez ne sont pas un problème : il suffit de payer.
Ismailia : situé à mi-parcours sur le canal de Suez, c’est un arrêt obligatoire. Et franchement, c’est le meilleur arrêt que nous ayons fait en Egypte.
En arrivant, vous verrez que le quai fait un décochement sur babord. Faites attention, il y a très peu d’eau contre ce décochement. Nous étions juste à côté, et parfois nous n’avions plus d’eau sous la quille. C’est peut-être une bonne idée de mouiller l’avant contre le quai. On s’amarre entre le quai et de grosses bouées en acier.
La marina n’est pas trop chère, l’eau potable et l’électricité y sont gratuit. Le manager est sympathique et serviable, il vous aidera si nécessaire trouver ce dont vous avez besoin. Il y a une machine pour faire ses lessives, chaudes, à 3$ la machine. Douches chaudes gratuites.
Le fuel coûte 20 cents américain le litre. Il faut le faire soi-même, en dehors de la marina, avec des bidons.
Il est aussi possible de recharger ses bouteilles de gaz pour 7 pounds (nous avons rechargé les néo-zélandaises, mais vu l’installation archaïque du monsieur, il doit pouvoir remplir n’importe quoi…).
Un ami a fait tourner un arbre d’hélice pour 50 pounds.
Les déplacements en taxi en ville coûtent 3 pounds, quelle que soit la distance.
Il y a un supermarché Metro vers la grande mosquée. Il est moins cher que celui d’Hurgadha.
cyber café (très lent, mais vraiment pas cher) se trouve la rue juste derrière le Métro.
On mange très bien chez Nefertiti et chez Georges (qui vend des bières, mais dont le décor est… particulier…). Ils sont situés tous les deux dans la rue du Métro, côté mer.
Il y a un grand marché dans la « vieille » ville : En sortant du Yacht Club, marcher jusqu’au double pont. Ensuite, prendre à droite, le long de la rivière, jusqu’au carrefour avec la statue d’Ismael. Là, il faut prendre sur la gauche, une grande avenue avec des cafés et des restos. Le marché se trouve à gauche, au bout de cette rue, juste après la voie de chemin de fer. Avant le marché, sur la gauche également, on trouve des rues commerçantes, avec des fringues, des chaussures, des quincailleries, le marché aux poissons…
Depuis Ismailia, il est possible de prendre le bus pour se rendre au Caire, pour 20 pounds. Se rentre à la station de bus en taxi. Il est aussi possible de prendre le taxi. L’aller simple se négocie autours des 200 pounds. En discutant, on arrive à obtenir un taxi pour une journée aux alentours de 400 pounds.
Il est aussi possible de prendre le train.
Nous nous sommes offerts une superbe virée, que nous avions organisé avec SelectEgypt. Sur 4 jours nous avons visité Le Caire, les pyramides, le musée et le souk, puis nous avons passé 2 jours dans le désert, avant de retourner à Ismailia, après un nouvel arrêt au Caire. Prix raisonnable, service impeccable, voiture privée avec chauffeur, guide parlant français, hôtels agréables… la grande classe ! On a promis de faire de la pub… c’est chose faite !
Il ne nous restait plus qu’à finir de traverser Suez, avec notre pilote toujours aussi mécontent de son bakshish, et puis de filer sur la Grèce.
Franchement, nous n’avons pas tellement apprécié l’Egypte. Est-ce parce qu’elle arrive à la fin d’un long parcours contre le vent ? Est-ce parce que la fin du voyage se fait sentir de façon lancinante ?
Nous n’avons pas eu de bol avec la météo, mais est-ce que certain en ont ? Nous avons trouvé le pays sale, et nous avons fini par être lassé des arnaques incessantes, de devoir toujours tout négocier, de cette demande constante de bakshish…(qu’on est pas toujours obligé de donner, d’ailleurs…). Nous avons apprécié notre virée dans le désert, et la visite des sites historiques, bien sûr. Heureusement qu’il y avait ça.
Si c’était à refaire, on referait donc un peu près pareil. Mais sans faire de
lessives ailleurs qu’à Ismailia. Et en prévoyant de faire un gros plein de fuel et d’eau à cet endroit.
Durant toute notre séjour en Mer Rouge, nous avons été épatés par la gentillesse et la serviabilité des capitaines de bateaux de plongée. Si vous avez un soucis, une question, ou juste pour le
plaisir de tailler une bavette avec des spécialistes du coin, n'hésitez pas à leur rendre visite ! Mention spéciale pour Momo, sur le bateau Nemo.
Nous ne sommes pas très différents de vous : une famille de quatre, Stéphane le papa (36 ans), Sophie la maman (34 ans), Nino, le fils ainé (6 ans) et Zélie la cadette (3 ans). Nous n'avons
jamais mangé de la vache enragée, nous n'avons pas économisé la moindre pièce durant des années, nous n'avons pas de métiers rapportant particulièrement d'argent (décorateur d'intérieur et
bibliothécaire), pas d'héritage autre que celui du goût du rêve.
Et pourtant, nous sommes partis pour un peu moins de trois ans sur notre voilier pour ce qu'on appelle une circumnavigation, un tour du monde à la voile.
J'écris ce premier article de Malaisie, où nous allons passer deux mois, parce qu'il est déjà temps pour nous de penser au retour, et que j'imagine, peut-être à tort, qu'un blog est un bon moyen
de présenter notre voilier et que ceci nous aidera à le vendre dès notre arrivée en France. Et aussi parce que nous avons envie de partager avec vous quelques beaux moments.
Ce blog se compose de deux parties distinctes :
Vous préparez un voyage en voilier et vous avez une question ? Notre aventure vous intéresse et vous désirez en savoir plus ? Contactez-nous nous vous répondrons dans la mesure de nos possibilités.
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