Aaah… là, je suis sûre d’intéresser ceux qui désirent partir un jour… Quel budget pour un tel voyage ? Comment est-ce qu’on épargne assez d’argent pour partir ?
Nous avons toujours pensé que nous n’aurions jamais les moyens de partir en voyage. Nous étions partis une première fois 7 mois pour traverser l’Atlantique avec Stéph, et nous avions alors rencontré plusieurs navigateurs qui partaient pour plusieurs années, voir pour toujours. A ce moment-là, nous pensions déjà que nous n’aurions jamais les moyens de les imiter.
Je vais parler de notre budget en francs suisses, c’est plus facile pour moi. A vous de faire la conversion si elle s’impose !
Nous avions au départ 130 000 francs dans notre caisse de bord. Ce montant devait nous permettre d’acheter un voilier, de l’équiper, et de partir 2 ans.
Comme je l’annonce dans notre présentation, nous n’avons jamais épargné en vue de ce voyage, mais nous n’avions pas non plus une vie faites de folie : une voiture que l’on nous avait offerte, un appartement à confort moyen et bon marché, un resto de temps en temps, pas de folies vestimentaires, pas de hobby onéreux, pas d’emprunts, pas de crédits… Pour partir, nous avons chacun retiré notre deuxième pilier, une épargne obligatoire en Suisse. Nous avions des économies. Les parents de Stéphane nous ont offert l’achat et la pose du moteur. Ce sont nos principaux sponsors, et nous les remercions du fonds du cœur. Nous avons trouvé par le bouche à oreille un voilier bon marché, mais géographiquement éloigné. Nous avons accepté de changer nos projets pour sauter sur cette occasion.
Le bateau et sa rénovation nous a coûté 60'000. Nous avons prévu de mettre de côté 15'000 pour faciliter notre retour. Nous avons une assurance maladie et une assurance bateau, que nous avons payé la première année, mais qui est maintenant payée par notre sponsor, à charge de revanche.
J’ai établi un premier budget de fonctionnement qui se montait à 1500.- par mois, tout compris. Comme j’ai constaté qu’il était régulièrement dépassé, je l’ai ajusté à 1900.- par mois. En faisant la moyenne de ce que nous avons réellement dépensé, je constate que nous avons un budget de fonctionnement de 2000.- par mois. Ce qui inclus les pays « chers » comme la Polynésie et les pays « bon marché » comme l’Indonésie ou le Vanuatu. Force est de constater que nous avons passé beaucoup plus de temps dans les pays coûteux, entre les Antilles, la Polynésie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie…
Nous vivons à quatre sur ce budget. Nous nous permettons un resto de temps en temps, une location de voiture ou une visite quand cela se présente, mais je nous trouve raisonnable. Par contre, notre budget alimentation est assez élevé, car nous aimons tous bien manger à bord, et c’est important pour nous. Voici les différents postes de notre budget, leurs montants, et ce qu’ils comportent :
Alimentation : 800. - : Comprend l’avitaillement général, les produits de nettoyage, les lessives, l’achat de vêtements
Bateau : 400. - : Comprend le fonctionnement du bateau, pièces de rechange, petits travaux, mais aussi le fuel, et l’éventuel place en marina. Ne prévois pas de gros chantier comme un carénage ou une grosse réparation.
Communication : 100. - : Les coups de fils à la famille, les internet café pour donner des nouvelles, mais aussi prendre la météo…les quelques colis que nous avons pu envoyer…
Sorties : 300.- : Les restos, les taxis, les locations de voiture. Un poste que l’on peut sans doute réduire, mais qui nous permet de bien profiter du voyage !
Divers : 300. - : Les souvenirs, l’achat d’un nouvel appareil photo, le dentiste, le médecin, les frais de douane, les visas, cadeaux… et tout ce qui n’entre pas dans les autres rubriques.
Je pense que le budget bateau est difficilement compressible, et qu’il ne change pas si l’on est quatre ou seul à bord. Par contre, les autres postes dépendront bien évidemment de votre mode de vie, et de vos priorités. Nous ne faisons pas beaucoup de marina, mais nous aimons manger à l’extérieur. Nous aimons aussi boire un coup de temps en temps, et avoir une alimentation variée. Nous ne visitons pas chaque île à fonds, nous ne louons pas toujours un véhicule, mais il nous aurait paru vraiment inconcevable de rester 6 mois à bord de Shipibo en Nouvelle-Zélande, et nous n’avons pas hésité alors à acheter un van.
Il est évident que l’on peut voyager et y trouver son compte en buvant de l’eau (tout de même moins chère qu’une bière !), en profitant des mouillages, en faisant des marches et de l’auto-stop, en mangeant essentiellement de l’igname au Vanuatu et du riz en Asie. Il doit être alors possible de réduire les budgets alimentation divers et sortie. Je connais un solitaire qui s’en sort avec 800 euros par mois. Je n’arrive honnêtement pas à évaluer ce que nous coûtent les enfants…
Nous ne détenons bien évidemment pas la solution à ce problème de budget. Il faut savoir que tout coûte, partout, et que le temps où les voiliers de passage étaient reçus en messise et chargés de fruits et légumes gratuitement par de gentils autochtones est définitivement révolu. Il arrive parfois que l’on reçoive un cadeau, que le destin nous fasse un signe, que l’on tombe bien au bon moment, que l’on trouve la bonne occasion. Mais il ne faut pas prévoir son voyage et son budget en fonction de ces coups de pouces offert par la vie. Nous ne comptons pas non plus sur notre pêche pour nous nourrir, et nous n’avons pas prévu de travailler en cours de route, parce que nous souhaitons voyager, et non nous installer quelque part. Peut-être que ce projet là mûrira lors de notre retour, et que nous ferons un autre voyage de façon différente.
Un grand principe toutefois à retenir : petits bateaux, petits soucis, grands bateaux, grands soucis (il paraît que ça s’applique aux enfants aussi !). Sans partir sur une coquille de noix, il est bon de savoir que plus un bateau est grand et équipé, plus il coûte cher à l’entretiens. Il peut être utile de trouver un bon compromis entre taille et budget. Et c’est sans doute le seul conseil un peu sensé que l’on puisse vous donner, le reste n’étant finalement qu’appréciations personnelles !
Un dernier mot : nous ne pensions jamais pouvoir le faire. Et nous sommes partis. Ne vous laissez pas décourager par votre budget. Continuez à rêver et à imaginer des solutions. Je suis sûre que vous finirez par partir, si vous le désirez vraiment.
Nous ne sommes pas très différents de vous : une famille de quatre, Stéphane le papa (36 ans), Sophie la maman (34 ans), Nino, le fils ainé (6 ans) et Zélie la cadette (3 ans). Nous n'avons
jamais mangé de la vache enragée, nous n'avons pas économisé la moindre pièce durant des années, nous n'avons pas de métiers rapportant particulièrement d'argent (décorateur d'intérieur et
bibliothécaire), pas d'héritage autre que celui du goût du rêve.
Et pourtant, nous sommes partis pour un peu moins de trois ans sur notre voilier pour ce qu'on appelle une circumnavigation, un tour du monde à la voile.
J'écris ce premier article de Malaisie, où nous allons passer deux mois, parce qu'il est déjà temps pour nous de penser au retour, et que j'imagine, peut-être à tort, qu'un blog est un bon moyen
de présenter notre voilier et que ceci nous aidera à le vendre dès notre arrivée en France. Et aussi parce que nous avons envie de partager avec vous quelques beaux moments.
Ce blog se compose de deux parties distinctes :
Vous êtes interessés par l'achat de Shipibo ? Vous préparez un voyage en voilier et vous avez une question ? Vous désirez en savoir plus ? Contactez-nous nous vous répondrons dans la mesure de nos possibilités.